Avoir un chien….

Avoir un chien…cela m’a pris plus de 8 mois pour me décider.

Autant vous dire que je n’ai pas fait le truc à la légère.

8 mois de : oui, non, peut-être, Oh et puis non ! Mais quand même…. de oui, de non, de définitivement non, de pourquoi pas, pour finir par un OUI !

8 mois à trouver LA race idéale : pas trop petit (monsieur ne veut pas se trimballer avec un chien à mémère), pas trop gros (rapport à la taille de l’appart), de trop speed, qui aime vivre en appart mais qui aime aussi les longues balades, un qui plaise à toute la famille, poilu ? Pas poilu ? Male ? Femelle ? breeeeeeffffffffffffffff

Finalement, un jour de novembre, voici que la « bête » pose ses toutes jeunes pates sur mon beau parquet ciré.

Un chiot de 3 mois… petite boule de poil…c’est mOUAgnon…..

C’est mOUAgnon, c’est mOUAgnon…. A vrai dire, je suis allée de déconvenues en désillusions.

Je n’avais pas prévu tout ça…. Un chiot, ben ce n’est pas fun… enfin si, pendant les 10-15 minutes ou vous jouez avec…on s’marre bien…. Mais il reste tout le temps d’après….

Pour commencer, le mot « non », m’est redevenu familier comme à l’âge de mes 2 ans (mais pour une autre raison).

NON pas le canapé, non pas pipi, non pas caca, non pas mordre, non pas bouffer mes pantoufles (uniquement les miennes…of course !) non pas courir après le chat, non pas aboyer, non pas tirer sur les rideaux….noooooooooooonnnnnnnnnnnnnnn ! Moi, d’ordinaire si calme, je me suis transformée en mégère poissonnière qui hurle à tout bout de champ pour un non et pour un non !  Je sais que l’option hurlement ne sert à rien….mais UN : ça détend et DEUX : dans l’urgence et la débâcle du chien qui monte sur le canap les pattes crottées et son derrière dans le même état (car les chiots ça a CONSTAMENT la diarrhée), et bien l’option est : d’hurler.

Pour compléter l’épisode diarrhée, il faut savoir que la demoiselle est très difficile en ce qui concerne la nourriture, ce qui lui vaut des désordres d’ordre digestifs cités précédemment.  Comme nous avions peur que notre petite chérie dépérisse nous avons dû courir les magasins pour animaux. Cela nous a coûté un bras et deux reins car pour que la bête puisse se sustenter, on a du tester bon nombre de croquettes: céréales, pas céréales, viandes machin, viande truc, avec grenade ( !?), oméga 3, oméga je vous prends pour des cons, saumon, poulet….bref…

En revanche, il faut savoir que la miss est une vraie épicurienne en ce qui concerne toutes les matières fécales qui passent sous sa truffe ! Alors là, on ne fait pas la fine bouche : crotte de chat, de chien, cheval, vache…. Sans compter les animaux morts…. Et d’autres trucs d’on ne sait pas d’où ils sont sortis (avant-arrière ?!)

Cette passion pour les matières fécales, va jusqu’à se rouler dedans, si si, pareil : excréments de chat, chien, cheval, vache et animaux morts… un bonheur….

La nature scato du canidé ne s’arrête pas là…car quand un chien vomi…ben il remange son vomi…. Il mange aussi le vomi de mon chat….du bonheur.

Et dire que je me voyais avec un toutou fidèle et docile, image idyllique qui ne colle pas avec celle du chiot…. Que nenni, je me retrouve avec une machine à crotte odorante…. Exacerbée par le fait que j’étais plutôt habituée aux chats et à leur hygiène irréprochable, alors qu’un chien à contrario ça pue, soyons clair….ne serait-ce que buccalement.

Pour compléter le tableau, depuis que mademoiselle est entrée dans notre vie il pleut sans discontinuer….ce qui veut dire que le matin, sous une pluie diluvienne, dans le noir et dans le froid, j’attends que ma douceur se soulage…. une belle journée qui commence…. J’étais prévenue, sOUAte…mais je ne savais pas qu’un chien ça fait ses besoins 4 fois par jour (les gros)?! D’où elle produit tout ça ? C’est digne d’une usine qui fait les 3 huits. Je suis devenue une experte du « déguainage » de sac en plastique !

J’en étais là de me morfondre observant mon chien détruisant méticuleusement le dernier tapis qui avait survécu à ses canines….de me dire : pourquoi j’ai pris un chien : il pue, il n’est même pas câlin, il obéit quand ça lui chante, il produit des substances odorantes H24, il est tout le temps sous ecsta ; j’étais à des lieux de l’image d’Epinal que je m’en faisais.  Conclusion : Expérience catastrophique, je ne savais même plus pourquoi j’avais pris ce chien ? Et je n’avais plus aucun plaisir à m’en occuper.  Je le voyais comme un véritable boulet bouffeur de temps.

Jusqu’à ce jour : le jour où, revenant de chez le véto après sa stérilisation, elle a plongé son regard dans le mien pendant que je la soignais.  Et là, j’ai vu dans ses yeux tant de douceur et de confiance, sa vulnérabilité également. J’ai été bouleversée par cet d’abandon naïf, j’ai été touchée par cette boule de poils puante et par son regard plein…. d’AMOUR !  Voilà, cela me revenait, je voulais un chien pour cet amour inconditionnel !

Lulue a maintenant 7 mois.  J’attends avec impatience la saison des bouses de vache…mais cette fois je suis armée ! Shampoing, serviette, brosse ! Et puis, la demoiselle a décidé d’obéir une fois sur deux et ce n’est déjà pas si mal.  Elle a aussi pris l’habitude de poser son museau sur mon genou et de me regarder tendrement…. ça vaut bien  2-3 crottes de biques ! 😉

Belle journée

lulue